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Il ne s’agit pas de Napoléon, mais la victoire d’Austerlitz est visible ce jour

Au JT du 21 mai 2021 sur France 2, sonnez trompettes, résonnez musettes, relance par la SNCF des trains de nuit !

…Voir ainsi reconnue la justesse du combat des cheminots face à tous les gouvernements qui ont porté la casse de cette part du service public, ministres qui ont épaulé toutes les directions de l’entreprise publique de la fin des années 60 jusqu’à maintenant au nom de la rentabilité et des lois de la finance, il ne faut pas bouder son plaisir.

Si le train, qui a permis à Monsieur Castex de se prendre un instant pour un chef de bord, a pu partir de la gare d’Austerlitz le 20 mai 2021, c’est qu’elle n’a pas été rasée et ses emprises livrées aux promoteurs.

Dès 1982, les syndicats CGT et UFCM CGT des cheminots du site ont mené la lutte, épaulés par leur fédération nationale.
L’action aussi intense de la section d’entreprise du PCF des cheminots, mobilisant des centaines de salariés, la population, le concours permanent des élus du PCF d’alors a empêché la casse.

La direction de la SNCF avait annoncé aux instances représentatives du personnel la fermeture définitive au 31/12/1999. De 1982 à 89 le combat permanent a été mené pour empêcher la destruction. Nous avons alors mis en échec le projet.

Cheminots et hospitaliers mobilisés pour le site d’Austerlitz et les services publics, juin 1998. © DR

De septembre 1989 à nos jours, c’est un autre combat qui s’est engagé. Celui de la modernisation du site. Combat que poursuivent les successeurs de celles et ceux qui ont gagné cette manche décisive.
Mesurons bien. En plein Paris, sur 180 hectares de terrains publics promis aux promoteurs mis en échec, un conflit permanent durant maintenant 40 ans pour le service public, ses emplois à statut et ses implications industrielles. Il y a eu de grand succès, des revers aussi.

Mais l’immense majorité des terrains à privatiser sont restés publics, la grande Bibliothèque en témoigne, et c’est ce combat qui permet aujourd’hui au Paris-Nice de nuit de pouvoir être réactivé et au Premier ministre de jouer du micro.

Cela mérite bien un coup de chapeau à tous ces cheminotes et cheminots qui, une fois le maintien acquis, ont poursuivi le combat.

Pour avoir vécu intensément la première partie de ce combat et pour saluer celles et ceux qui le continuent, il fallait à ce moment le rappeler.

Guy HERVY
Adhérent de l’IHS,
Ancien militant du site d’Austerlitz

Lire aussi dans Les cahiers de l’institut n°67, l’article de Dominique LAUNAY « Gare de Paris-Austerlitz »

© photo : DR