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Et le printemps arrivera À NOUVEAU…

« Agissons dans l’unité », telle était l’ambition qui s’affichait sur un large bandeau à la une de La Tribune des cheminots de mars 1968, il y a tout juste cinquante ans.

Charles Massabieaux

L’invite côtoyait les revendications portées par les cheminots en matière salariale, pour les 60 francs d’augmentation mensuelle immédiate pour tous les agents, pour les 40 heures et contre le démantèlement de la SNCF.

Dans son éditorial, le secrétaire général de la Fédération, Charles Massabieaux, insistait : « Nous appliquons, dans le domaine de l’unité et de l’action, les décisions unanimes de notre Congrès fédéral de janvier 1968 […] Nous sommes prêts à discuter sans étroitesse de ces questions avec tous et à rechercher ensemble les moyens les meilleurs de l’action unie… ! »

Quelques mois après, La Tribune des cheminots de juin 1968 titrait en pleine page « 17 mai/5 juin, victoire de l’action unie des cheminots ». Et pour cause. Les cheminots avaient obtenu une augmentation allant de 10 % pour les cadres à 15,7 %, soit plus 97,62 francs par mois pour les bas niveaux… Ce qui était impossible en mars était devenu réalité en juin. À cela se sont ajoutés la réduction du temps de travail, le droit syndical et le développement du service public, actés dans un procès-verbal en 16 points de progrès.

Ce qu’il s’est passé entre-temps et de quelle façon cela s’est passé, sera un des moments et une séquence de notre histoire sociale que notre institut analysera et vous fera revivre dans ses cahiers au printemps prochain.

Nous contribuerons à éclairer un peu plus certaines questions qui, aujourd’hui, sont encore sujettes à polémiques. Si l’histoire ne se reproduit jamais à l’identique, il y a néanmoins des leçons dont nous pouvons tirer arguments aujourd’hui.

Patrick Chamaret, président de l’IHS des cheminots.