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Adieu Pierre !

Mise à jour du 2 octobre 2020 : Le bureau fédéral, en lien avec la Confédération, étudie les meilleures conditions en fonction de la situation sanitaire pour rendre l’hommage national mérité à notre camarade et ami.

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de Pierre Vincent, survenu à l’hôpital de Sens, le 13 mai dernier.

Pierre était un camarade et un ami, qui a déployé toute son énergie à défendre les cheminots et le service public pendant toute sa vie.

Son militantisme éclairé par une intelligence remarquable lui fit tenir d’importantes responsabilités dans le syndicat et l’entreprise. Né le 28 février 1940 à Melun, en Seine-et- Marne, il passa son enfance et son adolescence à Digoin et à Vaux-le-Pénil. Sa scolarité s’acheva par l’obtention du certificat d’études primaires. Il effectua treize des vingt-sept mois de son service militaire en Algérie où il débarqua le jour même du putsch des généraux. Libéré en 1962, il fit part au comité Maurice Audoin de l’assassinat pur et simple de militants algériens. Ce fut en quelque sorte le début de son engagement militant. En juin 1962 il reçut la croix de la Valeur militaire.

Entré à la SNCF le 11 octobre 1962 à Lyon, il adhéra à la CGT le 1er janvier 1963. Il devint rapidement secrétaire général des cheminots de Belleville-sur-Saône, puis secrétaire général adjoint du secteur de Lyon en 1966. Il fut par la suite mis à la disposition de la fédération le 1er janvier 1968 pour devenir secrétaire de l’union Sud-Est. Après mai 1968, il participa à la création du centre confédéral de la jeunesse et mit en place celui de la Fédération CGT des cheminots.

Coopté au bureau fédéral entre deux congrès, il fut confirmé dans ses responsabilités au congrès de novembre 1970, date à laquelle il intégra le secrétariat fédéral où il fut chargé de la commission de propagande.

En 1972, à la signature du programme commun, il adhéra au PCF. Il était encore aujourd’hui adhérent à la section de Sens.

Élu secrétaire général adjoint de la fédération au congrès fédéral de novembre 1976, il s’occupa particulièrement des questions relatives à l’entreprise.

Il fut ensuite désigné par la fédération pour siéger au conseil d’administration de la SNCF où il fut élu à deux reprises et amené, dans le cadre du nouveau fonctionnement du conseil, à assumer la présidence de la commission des marchés de la SNCF.

Lors du congrès confédéral de Grenoble, en 1978, il fut élu à la commission exécutive de la CGT où il siégea jusqu’à son remplacement, à sa demande, par Bernard Thibault.

Pierre quitta ses fonctions de secrétaire général adjoint au congrès de 1983 mais resta membre de la commission exécutive fédérale jusqu’au congrès de 1990. À cette date, il quitta les instances de la fédération, souhaitant alors réintégrer l’entreprise après avoir été pendant vingtdeux ans permanent syndical. Nommé cadre administratif de direction, il n’a jamais rompu avec son engagement syndical, notamment au sein du groupement national des cadres supérieurs.

Lorsqu’il quitta ses fonctions en 1995, pour partir en retraite, il était cadre supérieur au grade d’ingénieur principal.

Notre camarade portait par ailleurs un grand intérêt à l’histoire qui ne s’est jamais démenti pendant toute sa carrière. Tout naturellement, il s’investit dans l’Institut d’histoire sociale de la CGT créé au congrès de Lille en 1982, et présidé alors par Georges Séguy, comme dans celui de la fédération créé en 1998, au sein desquels il rédigea plusieurs études et articles historiques tout à fait remarquables.

Il était encore vice-président de l’Institut confédéral et membre du bureau de l’Institut fédéral des cheminots. Pierre fut aussi élevé chevalier dans l’ordre national du Mérite.

C’est un grand militant qui nous a quittés. Les circonstances sanitaires n’ayant pas permis de nous rassembler autour de lui et de sa famille, nous lui rendrons le moment venu l’hommage qu’il mérite.

Claude Marache, membre du bureau de l’IHS fédéral.