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Zoom : d'un 5 décembre à l’autre

Le courrier du cheminot, n°27, de décembre 1969 a pour sommaire la Conférence nationale des délégués à la sécurité des 4 et 5 décembre 1969.

Le rapport introductif présenté par Roger Favrel, secrétaire fédéral, dresse un réquisitoire sévère sur l’état de la sécurité des personnels à la SNCF en citant les chiffres des rapports de l’entreprise. Il souligne « une telle avalanche de cheminots tués ou mutilés à la suite d’accidents du travail est inadmissible ».

Pourquoi réunir les délégués à la sécurité ? Le rapporteur poursuit « il est utile de rappeler qu’aux élections du 12 mars 1969, 492 délégués à la sécurité du travail étaient à élire sur l’ensemble de la SNCF ; 469 l’ont été sur les listes présentées par la CGT soit 95,53 % auxquels il convient d’ajouter 938 suppléants ; soit un total de 1 407 élus pour se préoccuper de la sécurité du travail et jouer un rôle considérable dans la lutte menée par la CGT contre l’exploitation des cheminots par la SNCF ».

Charles Massabieaux, Secrétaire général de la Fédération, soulignera dans ses conclusions « vous avez dressé un véritable réquisitoire contre la direction de l’entreprise en insistant notamment sur les points suivants :
• La productivité toujours plus accrue exigée des cheminots
• La compression massive des effectifs
• La faiblesse voire l’inexistence de la formation (…) »

Il poursuit sur le développement des actions locales et régionales en montrant leur lien à la sécurité.
Il dénonce la volonté de l’entreprise de céder des chantiers au secteur privé, créant ainsi de mauvaises conditions de travail se répercutant sur les cheminots.
Il s’insurge contre les contrats de progrès que veut instaurer le gouvernement et dénonce « ce n’est pas un hasard si tous les coups du pouvoir et du patronat convergent vers la CGT (…) ce qui les gêne le plus c’est de voir la puissance de la CGT (…).»

C’était il y a cinquante ans.

» Pour visualiser le document : Courrier du cheminot n°27 

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