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Il y a cent ans… Un printemps SYNDICAL

Cette année-là, face à la majorité réformiste de la CGT, la minorité révolutionnaire souhaite faire du 1er mai 1919 le point de départ d’un mouvement de grève générale. Sous leur influence, les syndicats cheminots préparent activement cette initiative avec un cahier de revendications qui comprend le projet de statut, le salaire minimum, les huit heures journalières et la nationalisation des chemins de fer.

Mais dès le 15 avril, la direction réformiste de la Fédération tente de freiner cet élan et annonce que « le conseil fédéral décide de surseoir au mouvement de grève des chemins de fer ». La journée du 1er mai est marquée par des arrêts de travail nombreux, mais d’ampleurs inégales. Parallèlement, Paris connaît d’importantes manifestations de rue, brutalement réprimées (un mort, avenue de l’Opéra). Le mouvement reste limité, mais pose les jalons d’actions ultérieures plus larges.

Le second congrès de la Fédération des cheminots, qui se tient quelques jours après, du 14 au 17 mai 1919, est marqué par la progression de la minorité révolutionnaire.
Les négociations en cours dans les commissions paritaires font l’objet de vives critiques. Lors des votes d’orientation, la motion Monmousseau, appelant à une grève générale de protestation suite aux événements du 1er mai obtient 44 % des voix. Le texte de la minorité sur la nationalisation, proposant « la réquisition pure et simple de tous les réseaux » à l’échéance d’octobre 1920 fait quant à lui l’unanimité.

Présents désormais sur l’ensemble des réseaux, les révolutionnaires peuvent prendre date pour un renversement du rapport de force qui se produira un an plus tard, au congrès de 1920.

Jean-Pierre Bonnet, membre du bureau de l’IHS des cheminots.