Actualités

Assemblée générale

Plus de 52 participant·es ont pris part à l'assemblée générale du 11 décembre dernier.

L’assemblée générale a permis de faire le bilan des activités de l’institut et de discuter des enjeux en abordant les réalisations, les projets de l’IHS en les liant à la réflexion sur l’impact de l’histoire sociale dans le contexte politique actuel.

Thierry Roy

L’AG a également 

– approuvé les comptes 2024 ;
– validé les modifications statutaires qui suppriment le conseil d’administration (CA) cette instance depuis sa création n’ayant jamais joué son rôle ;
– reconduit le bureau de l’IHS.

Les principaux projets en cours

Le tome III de l’ouvrage « Les cheminots on s’en fait toute une histoire » sera publié dans le 1er semestre 2026.
Au prix de vente de 30 €. Il sera offert aux adhérents individuels.
3 000 exemplaires seront imprimés.

La préparation du colloque portant sur le conflit des cheminots de décembre 1986 et janvier 1987.

Pierre Delanoue

MOTIVATIONS DU PROJET

– Un contexte politique complexe avec notamment la période de cohabitation au sein de l’État depuis les élections législatives du printemps 1986.
– Des pratiques syndicale et unitaire interrogées pour ne pas dire interpellées et qui évolueront après le conflit et conduiront neuf ans plus tard, c’est-à-dire il y a exactement 30 ans, au conflit de novembre et décembre 1995.
– Une période d’évolution des métiers de cheminots et d’exigences vis-à-vis des conditions de travail.
– Des évolutions des pratiques managériales de l’entreprise amorcées à l’automne 1986 avec la mise en place des GIP.
– Un contrat de plan État/SNCF nocif pour le développement du service public.

À partir de ces motivations, un travail approfondi est proposé sur cette période qui aboutira sur un colloque ouvert à des contributions extérieures.

Lors de l’assemblée générale, les adhérent·e·s étaient invités à consulter leurs archives, à rencontrer des témoins de cette lutte, et que « la réussite du colloque passera par son ancrage territorial, une telle lutte n’a pas été vécue de la même manière en tous points du territoire.
Nous vous invitons donc à imaginer ce que pourrait être votre contribution individuelle ou collective à la préparation du colloque.

OÙ EN SOMMES NOUS DE LA PRÉPARATION ?

  • L’appel à communication et le guide d’entretien ont été transmis aux adhérent·es, et structures au mois de juin ;
  • Un courrier commun IHS/UFR CGT reprenant l’appel à communication et le guide d’entretien a également été transmis aux secteurs retraités pour une ventilation auprès des sections ;
  • Une note de contexte a été transmise aux correspondants régionaux de l’IHS en octobre afin d’aider à la réflexion ;
  • Plusieurs d’entre vous ont répondu à l’appel en organisant des rencontres de militants et/ou en diffusant le questionnaire, des camarades ont répondu individuellement ;
  • Des archives personnelles ou de structures nous ont été adressées ; des entretiens ont été menés ou sont programmés, un grand nombre d’archives presse également.

Tous ces éléments confortent à la fois le bien fondé d’avoir proposé de travailler cette période de luttes intenses, d’en analyser les ressorts, de mettre en évidence la portée du conflit tant en termes de pratique syndicale que d’acquis immédiats ou différés.

  • Un gros travail fourni par le collectif d’organisation issu du bureau de l’IHS, et par le conseil scientifique nous ont permis de recueillir une importante documentation, à partir de sources multiples.
  • Des recherches ont également été menées auprès des archives confédérales.

Ce qu’il ressort de tous ces éléments recueillis, c’est d’abord leur diversité, montrant des vécus assez différents d’un site à l’autre ; il convient également de noter qu’aucune documentation ni retour d’entretiens ne nous a été remonté des sites où des coordinations ont existé au moment du conflit, il n’est pas trop tard pour le faire.
Il est important que des syndicats confrontés à ce phénomène ponctuel puissent partager leur vécu de ce moment particulier ; tout comme il sera important de montrer lors du colloque que les coordinations n’ont pas, loin de là, exister partout même si les études universitaires parues ont eu tendance à ne se focaliser que sur ce phénomène.

Dans un peu plus de13 mois s’ouvrira le colloque, nous avons l’ambition d’en faire un grand moment d’échanges, de confrontation, de partage et d’enseignements, au-delà des deux journées du colloque, l’abondante documentation recueillie nous permettra d’alimenter nos communications tout au long de l’année 2027 .

Pour y parvenir, nous devons bâtir un programme favorisant toutes ces expressions ; ce sera la tâche du conseil scientifique qui se réunira au printemps 2026 afin d’élaborer le programme du colloque et de solliciter des intervenants.
Nous souhaitons laisser une place importante aux interventions de la salle, aux vécus des territoires ; à ce stade de nos réflexions et des documents en notre possession, nous avons imaginé de traiter :

  • Le moment du conflit et sa genèse ; ce qui permettra de revenir sur le contexte général, de l’entreprise, des luttes, de l’unité, etc.
  • Les diversités territoriales
  • Les effets du conflit
    • Sur le champ syndical CGT et les autres
    • Sur les pratiques et les organisations, en y intégrant la dimension confédérale ;
  • La portée de ce conflit

Le colloque se tiendra les 20 et 21 janvier 2027, les dispositions pratiques seront communiquées en temps utile.

Patrick Chamaret

Luttes des femmes cheminotes

Ce projet de recherche, initié par notre IHS, explorera le rôle central des femmes cheminotes dans le mouvement syndical français, de l’avènement du chemin de fer à l’an 2000.
S’appuyant sur l’analyse d’archives et de témoignages, il met en lumière les luttes pour l’émancipation et l’égalité, l’évolution des commissions féminines, ainsi que la contribution souvent sous-estimée des militantes. L’objectif est de valoriser leur engagement et d’assurer la transmission de leur mémoire afin de progresser vers une société plus juste.

L’histoire des femmes cheminotes s’inscrit au cœur du mouvement social et syndical français.
Depuis l’apparition du chemin de fer, les femmes ont joué un rôle central dans la construction d’un syndicalisme engagé, solidaire et inclusif, animé par des revendications de justice sociale et d’égalité. Afin de mettre en valeur cette histoire et d’en tirer des enseignements utiles, le bureau de l’Institut d’Histoire Sociale (IHS) a initié un projet de recherche approfondi. Ce travail, fondé sur une réflexion collective, s’étend de l’avènement du chemin de fer jusqu’à l’an 2000, exploitant les archives disponibles. Il vise à appréhender la continuité et l’évolution des actions menées en faveur de l’émancipation et de l’égalité, tout en tenant compte d’un contexte professionnel historiquement très masculin. À une période où certains mouvements réactionnaires et nationalistes remettent en question les avancées obtenues, il apparaît essentiel de valoriser la mémoire et l’engagement des militantes afin de progresser vers une société plus égalitaire.

CONSTITUTION D’UN GROUPE DE TRAVAIL
Pour mener à bien ce projet, un groupe de travail a été constitué sous la direction de Patrick Chamaret, avec l’appui de Madeleine Peytavin, Daniel Junker et Nicolas Simonpoli, maître de conférences au CNRS.

THÈMES DE RECHERCHE
Le groupe de travail a identifié les thèmes majeurs à explorer sur la période retenue. Ces thèmes incluent les premiers débats sur le féminisme à une époque où le patriarcat était dominant, l’émergence de courants émancipateurs, comme la conférence des femmes socialistes de Copenhague en 1910 à l’origine de la Journée internationale de luttes des femmes, ainsi que les moments forts des actions et des luttes des cheminotes.

Pour chaque thème l’objectif est de donner :

  • la parole aux militantes, en valorisant notamment leurs productions écrites publiées dans les journaux syndicaux, tels que ceux de la Chambre syndicale, puis du Syndicat national à partir de 1892, et bien sûr dans La Tribune des cheminots depuis 1917. Toutes les archives fédérales sont consultées, sur la base d’un inventaire des sources constamment actualisé.
  • le ressenti de militantes toujours actives sera également recueilli, au travers de témoignages portant sur les moments clés de leur engagement.

Les thèmes retenus pourront évoluer ou être regroupés au fil de l’avancement du projet. Les séquences et actions structurantes de l’histoire sociale des cheminotes seront revisitées, avec une attention particulière accordée à la contribution, souvent sous-estimée, des femmes tant dans les luttes générales que dans celles spécifiques à leur condition.

L’étude s’intéressera également à la naissance et à l’évolution des commissions féminines et analysera la progression de la représentation des femmes au sein de la fédération à travers différents jalons. Les contributions, messages et témoignages de camarades issues des divers secteurs et syndicats engagés dans ces combats viendront enrichir le travail collectif.

L’importance de la bataille des idées sera également soulignée, notamment au travers de la création par la CGT, en 1952, d’une presse syndicale féminine, La revue des travailleuses, puis par la publication du magazine Antoinette de 1955 à 1989. Ce magazine fut à la fois un outil syndical, un espace d’expression pour les salariées et un vecteur de débats sur l’émancipation des femmes.

MODALITÉS DE PUBLICATION ET PERSPECTIVES
Ce travail fera l’objet de publication dans les cahiers de l’IHS.
Un support de communication adapté pourra également être élaboré pour accompagner des initiatives ultérieures, qu’elles soient régionales ou locales.

Henri Bascunana

→  Présentation de la bande annonce du film « Tous Cheminots » 
« Après le livre « Tous Cheminots », le film nous fait découvrir l’ouverture à la concurrence des TER PACA :
– Le lot « étoile de Nice » attribué à la filiale SNCF Sud Azur ;
– Le lot « Marseille Nice » attribué à la filiale TRSI de Transdev

La bande annonce retrace les diverses étapes qui ont jalonné l’esprit des cheminots de Nice.
D’abord un danger lointain presque irréel, puis le déni quand le Conseil Régional désigne le nouvel opérateur et enfin l’impuissance devant cette rupture historique quand ils reçoivent le courrier de la SNCF.
Cette concurrence est différente de celle du Fret ou du TGV…. Là, il ne s’agit pas seulement d’entreprises qui viennent nous concurrencer sur nos lignes car, en plus, elles absorbent les agents et leur retirent leur ADN Cheminots, leur ADN SNCF.
Ils n’ont eu que deux choix : soit ils refusent le transfert et ils doivent déménager au mieux où ils perdent leur emploi au pire ; soit ils acceptent et ils se voient extirper de la famille cheminote ;

C’est cette histoire que le livre, puis le film aujourd’hui, retrace. Cette bande annonce, elle, ne fait que l’aborder. Je crois qu’il est indispensable que cette histoire soit connue de tous les cheminots partout en France. Que ce soit ceux qui y sont déjà confrontés ou ceux qui vont l’être …
En m’excusant de ces mots guerriers : « il est essentiel de connaître son ennemi et le terrain où on va le combattre »
Le film sera diffusé le 16 janvier 2026 à Marseille.
À partir de cette date, il sera disponible pour toutes initiatives internes ou externes dans toute la France.