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Il y a 90 ANS, LE FRONT POPULAIRE

En 1936, la victoire du Front populaire marque un tournant majeur dans l’histoire sociale française.

Cette période représente l’aboutissement de longues luttes ouvrières pour de meilleures conditions de travail et une plus grande justice sociale.

Contexte

Au début des années 1930, la France est frappée par la crise économique mondiale.

Le chômage augmente, les salaires stagnent et les conditions de travail restent difficiles pour une grande partie de la classe ouvrière.

Face à cette situation, les syndicats, et en particulier la CGT, intensifient leurs mobilisations.

Une alliance politique rassemblant socialistes, communistes et radicaux se forme : le Front populaire. Après l’adoption d’un programme commun en janvier 1936, les forces de gauche se mettent en ordre de bataille autour de trois mots : « pour le pain, la paix et la liberté ».

Une grande victoire électorale

Le 26 avril 1936, le premier tour des élections législatives est marqué par une forte participation, 84,3 % des électeurs inscrits. Les partis du Front populaire, qui présentaient chacun leurs candidats, progressent de 300 000 voix par rapport au précédent scrutin de 1932, tandis que la droite en perd 70 000. Au sein des gauches, les rapports de force sont redéfinis. Les socialistes devancent pour la première fois le Parti radical, en net recul. Mais l’élément majeur de ces élections est la progression des communistes, qui gagnent près de 700 000 voix et passent de 8 % à 15 %.

La dynamique du Front populaire est amplifiée au second tour par le désistement systématique en faveur du candidat de gauche le mieux placé. Le 3 mai, le Parti socialiste – Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) devient, avec 146 députés (49 de plus qu’en 1932), la première force à la Chambre. Le Parti communiste français (PCF), passe lui de 10 à 72 députés, et sort renforcé de cette séquence.

Le gouvernement dirigé par Léon Blum est mis en place le 4 juin, sans les communistes, qui lui apportent néanmoins leur soutien. Mais un mois après la victoire des gauches dans les urnes, c’est dans les luttes que l’avenir du Front populaire se joue avec l’avènement d’un mouvement social sans précédent, celui des grèves avec occupation des usines.

Thierry Roy, président de l’IHS CGT des cheminots.

Photo : ©gallica.bnf.fr/BnF, JO-52336