¡NO PASARÁN!
Cette formule célèbre ¡No pasarán! fut prononcée pour la première fois à la radio par Dolores Ibárruri* le 18 juillet 1936. Elle appelait à la résistance contre le coup d’État organisé par les troupes militaires soulevées à Madrid le même jour. La veille, les premiers soulèvements avaient eu lieu dans la zone de protectorat espagnol au Maroc sous l’impulsion de Franco, avant que ce dernier ne rejoigne ensuite l’Espagne avec 17 000 hommes du contingent colonial.
La République espagnole vient juste de naître en 1931. Dès sa proclamation, en 1931, le gouvernement a acté la séparation de l’Église et de l’État.
Le 16 février 1936, le Front populaire a gagné les élections avec la volonté de sortir l’Espagne du Moyen-Âge. Le pays compte alors douze millions d’illettrés, deux millions de paysans sans terre et dans le dénuement, mais pas moins de 5 000 couvents et 110 000 prêtres et religieux. Plusieurs mesures prises rapidement se heurtent à l’hostilité de l’armée et du clergé : réforme agraire, accès à l’éducation, la réorganisation de l’armée, la reconnaissance régionale.
Un peuple abandonné
Ce coup d’État fasciste a été préparé minutieusement en accord avec Hitler et Mussolini, qui y trouvent l’opportunité de tester leurs technologies militaires, tanks et aviation et envoient sur place 75 000 soldats. La dictature portugaise de Salazar sert quant à elle de base logistique et envoie 15 000 hommes.
Les autres pays, notamment la France et le Royaume-Uni, signent l’accord de non-intervention le 28 août 1936. La France n’honorera même pas l’accord signé en décembre 1935 permettant l’achat d’armes de l’Espagne à la France et le renie dès le 8 août 1936 avec la fermeture de la frontière et le blocus.
Solidarité antifasciste
La passivité des pays démocratiques indigne les antifascistes du monde entier. Le 1er octobre 1936, les premiers volontaires des brigades internationales arrivent. Au total, ils seront 35 000, accourant d’Europe et d’Amérique. 10 000 mourront. Les Français représentent le plus grand contingent avec 10 000 hommes, dont 3 000 seront tués. Cette guerre durera près de trois ans, avec un peuple espagnol qui restera divisé. La CGT et la Fédération des cheminots apporteront leur soutien permanent par l’envoi de matériel, par des manifestations de masse et de solidarité, par l’accueil d’enfants et de réfugiés.
La guerre d’Espagne ne saurait se réduire à une guerre entre Espagnols alors que les troupes marocaines, hitlériennes, mussoliniennes et portugaises y ont joué un rôle déterminant. De même, les troupes franquistes n’ont rien de « nationales » tant elles s’identifient à celles mises en place par Hitler, Mussolini et Salazar
Thierry Roy, président de l’IHS CGT des cheminots.
Photo : ©IHS CGT cheminots